- L’intelligence artificielle transforme déjà la relation entre candidats et recruteurs
- L’authenticité des candidatures devient une préoccupation majeure
- Sept recruteurs sur dix jugent l’IA utile dans leurs propres outils
- Les tâches en amont du recrutement concentrent les attentes
- L’entretien reprend de l’importance avec la généralisation de l’IA
- Automatiser pour consacrer davantage de temps aux échanges humains
- L’IA pourrait aussi modifier le rôle décisionnel des recruteurs
- Les utilisateurs actuels de l’IA portent un regard particulièrement marqué
- Des différences selon les profils et les entreprises
- Ce que l’étude permet réellement de conclure sur l’IA et le recrutement
- Méthodologie et limites du Sondage OpinionWay pour Tellent
- Les principaux enseignements à retenir
L’intelligence artificielle transforme déjà la relation entre candidats et recruteurs
L’étude OpinionWay pour Tellent s’intéresse à une transformation particulière du recrutement : la généralisation des outils d’intelligence artificielle utilisés par les candidats pour automatiser ou optimiser leurs candidatures, et la réponse que les recruteurs peuvent eux-mêmes apporter à travers l’IA.
Les 557 personnes interrogées sont des salariés « recruteurs », définis dans le rapport comme des salariés encadrant au moins une personne et participant au processus de recrutement dans leur entreprise.
Les résultats montrent que la progression de l’IA ne conduit pas simplement à opposer automatisation et intervention humaine. Les recruteurs interrogés lui reconnaissent une utilité importante dans leur travail tout en exprimant de fortes réserves concernant ses conséquences sur l’authenticité et la différenciation des candidatures.
Une automatisation acceptée à condition de préserver l’évaluation humaine
Le Sondage OpinionWay pour Tellent montre que 69 % des salariés-recruteurs jugent une IA intégrée aux outils de recrutement utile voire indispensable face à l’automatisation des candidatures. Dans le même temps, 82 % pensent que l’IA standardise les profils et 79 % considèrent que l’entretien devient le seul moment où il reste possible d’évaluer réellement un candidat.
L’authenticité des candidatures devient une préoccupation majeure
Interrogés sur leur principale préoccupation face à l’utilisation croissante de l’IA par les candidats, les salariés-recruteurs placent en première position la perte d’authenticité dans les échanges avec les candidats, citée par 27 % des répondants.
Cette préoccupation est suivie de très près par le risque de passer à côté de profils intéressants en raison d’un volume croissant de candidatures, cité par 26 %.
La difficulté à identifier les véritables compétences derrière une candidature optimisée par l’IA arrive ensuite avec 25 %, tandis que 22 % évoquent en premier lieu le sentiment de recevoir des candidatures de plus en plus similaires et standardisées.
Ce qui inquiète le plus les recruteurs face aux candidatures optimisées par l’IA
La principale préoccupation est la perte d’authenticité dans les échanges, citée par 27 % des salariés-recruteurs. Elle devance de peu le risque de manquer des profils intéressants face à l’augmentation du volume de candidatures, à 26 %, puis la difficulté à identifier les compétences réelles derrière une candidature optimisée par IA, à 25 %.
Ces quatre réponses étaient proposées comme préoccupation principale : elles décrivent donc des priorités différentes plutôt que des opinions cumulables.
Sept recruteurs sur dix jugent l’IA utile dans leurs propres outils
Face à des candidats qui automatisent davantage leurs candidatures, les recruteurs semblent majoritairement considérer que leurs propres outils doivent eux aussi évoluer.
69 % jugent l’intégration de l’intelligence artificielle dans les outils de recrutement utile voire indispensable. Parmi eux, 17 % considèrent l’IA comme indispensable pour garder le contrôle face au volume de candidatures et 52 % la décrivent comme utile mais secondaire.
Cette deuxième réponse est particulièrement importante : une majorité absolue estime que l’IA peut faciliter certaines tâches, tout en considérant que l’évaluation humaine doit rester centrale.
À l’opposé, 29 % portent un jugement négatif : 15 % trouvent l’IA peu efficace car elle ajouterait de la complexité sans réel gain, tandis que 14 % la jugent risquée parce qu’elle pourrait renforcer la standardisation et déshumaniser le recrutement. 2 % ne se prononcent pas.
69 % considèrent l’IA utile ou indispensable dans les outils de recrutement
Plus de deux salariés-recruteurs sur trois, soit 69 %, estiment qu’une IA intégrée aux outils de recrutement est désormais utile voire indispensable face à la généralisation des candidatures automatisées. Mais seuls 17 % la considèrent indispensable : 52 % la voient comme un outil utile qui doit rester secondaire par rapport à l’évaluation humaine.
Les tâches en amont du recrutement concentrent les attentes
L’étude identifie également les étapes sur lesquelles les recruteurs pensent que l’intelligence artificielle pourrait le plus les soulager et améliorer la qualité de leurs recrutements.
La première concerne la préparation du recrutement, citée par 56 % des répondants. Le rapport associe notamment cette étape à la rédaction d’offres attractives, à l’identification des compétences clés ou encore à l’appui au sourcing ciblé.
Le traitement des candidatures reçues arrive juste derrière avec 50 %. Cette catégorie comprend notamment la centralisation des candidatures, le premier tri, les filtres par profil ou encore la gestion de l’historique.
| Étape du recrutement | Part des répondants la citant au total |
|---|---|
| Préparation du recrutement | 56 % |
| Traitement des candidatures reçues | 50 % |
| Conduite des entretiens | 36 % |
| Aide à la décision finale | 32 % |
La conduite des entretiens est citée par 36 % des répondants, notamment pour préparer des questions, automatiser la prise de notes ou synthétiser les échanges.
L’aide à la décision finale arrive en dernier parmi les quatre domaines proposés, avec 32 %. Cette étape comprend par exemple la comparaison structurée des profils, leur mise en regard avec les critères du poste ou la synthèse de leurs points forts et points de vigilance.
Les participants pouvaient donner jusqu’à deux réponses à cette question : le total dépasse donc 100 %.
Les recruteurs privilégient l’IA avant la décision finale
Les salariés-recruteurs voient surtout l’utilité de l’intelligence artificielle dans la préparation du recrutement, citée par 56 %, et le traitement des candidatures, à 50 %. La conduite des entretiens est citée par 36 % et l’aide à la décision finale par 32 %. L’IA est donc davantage attendue sur les tâches préparatoires et de traitement que sur la décision elle-même.
L’entretien reprend de l’importance avec la généralisation de l’IA
Le développement des candidatures optimisées par intelligence artificielle semble renforcer la valeur accordée au contact direct entre le recruteur et le candidat.
79 % des salariés-recruteurs sont d’accord avec l’idée que, face à l’IA, l’entretien devient le seul moment où il est encore possible d’évaluer réellement un candidat.
Dans le détail, 32 % se déclarent tout à fait d’accord et 47 % plutôt d’accord.
Ce résultat doit être rapproché du jugement porté sur la standardisation. 82 % considèrent que l’intelligence artificielle tend à standardiser les profils et à rendre les candidats plus difficiles à différencier. C’est l’affirmation qui recueille le niveau d’accord le plus élevé dans cette partie du sondage.
L’entretien devient un moment clé pour différencier les candidats
79 % des salariés-recruteurs pensent que l’entretien est désormais le seul moment où il reste possible d’évaluer réellement un candidat dans un contexte de généralisation de l’IA. Ce résultat fait écho aux 82 % qui estiment que l’intelligence artificielle tend à standardiser les profils et à les rendre plus difficiles à différencier.
Automatiser pour consacrer davantage de temps aux échanges humains
L’utilisation de l’IA par les recruteurs n’est pas nécessairement associée à une disparition du contact humain. L’étude fait même apparaître une perception inverse chez une majorité des répondants.
73 % déclarent que l’intelligence artificielle leur permet de gagner du temps afin de se concentrer davantage sur l’échange humain. Parmi eux, 20 % sont tout à fait d’accord et 53 % plutôt d’accord.
Le même pourcentage, 73 %, estime cependant que l’utilisation de l’IA par les candidats fausse le processus de recrutement.
L’IA est aussi perçue comme un moyen de libérer du temps
73 % des salariés-recruteurs considèrent que l’intelligence artificielle leur permet de gagner du temps pour se concentrer davantage sur l’échange humain. Le sondage montre donc qu’automatisation et relation humaine ne sont pas nécessairement perçues comme opposées : une majorité voit l’IA comme un moyen d’alléger certaines tâches pour consacrer plus de temps aux interactions avec les candidats.
Cette coexistence de perceptions est centrale dans l’étude. L’IA utilisée par les candidats est largement soupçonnée de brouiller l’évaluation, tandis que l’IA utilisée par les recruteurs peut être vue comme un outil permettant justement de préserver davantage de temps pour l’humain.
L’IA pourrait aussi modifier le rôle décisionnel des recruteurs
Les salariés-recruteurs ne limitent pas l’intelligence artificielle aux tâches administratives. Une majorité estime également qu’elle peut renforcer leur propre rôle.
66 % sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle l’IA renforce leur rôle stratégique en leur permettant de prendre des décisions plus éclairées. Ce total correspond à 13 % de personnes tout à fait d’accord et 53 % plutôt d’accord.
Le résultat le plus prospectif divise davantage les répondants : 56 % estiment que l’intelligence artificielle pourrait, à terme, prendre de meilleures décisions de recrutement que les recruteurs eux-mêmes.
Cette opinion recueille 13 % de réponses « tout à fait d’accord » et 43 % de réponses « plutôt d’accord ». À l’inverse, 44 % ne sont pas d’accord avec cette possibilité.
Plus d’un recruteur sur deux envisage une IA meilleure décisionnaire à terme
56 % des salariés-recruteurs interrogés pensent que l’intelligence artificielle pourrait un jour prendre de meilleures décisions de recrutement que les recruteurs. Cette opinion reste cependant nettement moins consensuelle que l’utilité de l’IA pour gagner du temps ou préparer un recrutement.
L’étude ne mesure pas la qualité réelle de décisions prises par une IA par rapport à celles de recruteurs humains. Elle mesure uniquement l’opinion des salariés-recruteurs sur cette éventualité.
Les utilisateurs actuels de l’IA portent un regard particulièrement marqué
Les tableaux détaillés font apparaître des différences importantes entre les salariés-recruteurs qui utilisent déjà l’IA dans leurs recrutements et ceux qui ne l’utilisent pas.
Parmi les recruteurs utilisant déjà l’intelligence artificielle, 76 % la jugent utile voire indispensable dans les outils de recrutement. Cette proportion atteint même 82 % chez ceux qui ne l’utilisent pas encore mais prévoient de le faire, contre 55 % chez ceux qui ne l’utilisent pas et ne prévoient pas de l’adopter.
Les recruteurs déjà utilisateurs de l’IA sont aussi particulièrement nombreux à reconnaître ses effets sur leur propre travail.
| Affirmation | Part d’accord parmi les utilisateurs actuels |
|---|---|
| L’IA standardise les profils et les rend plus difficiles à différencier | 94 % |
| L’entretien devient le seul moment pour réellement évaluer un candidat | 97 % |
| L’utilisation de l’IA par les candidats fausse le recrutement | 81 % |
| L’IA permet de gagner du temps pour l’échange humain | 89 % |
| L’IA renforce le rôle stratégique du recruteur | 91 % |
| L’IA pourrait prendre de meilleures décisions que les recruteurs | 79 % |
Les utilisateurs de l’IA en voient à la fois davantage les bénéfices et les effets
Les salariés-recruteurs qui utilisent déjà l’IA ont des opinions particulièrement tranchées. 89 % disent qu’elle leur fait gagner du temps pour se concentrer sur l’échange humain et 91 % qu’elle renforce leur rôle stratégique. Dans le même temps, 94 % pensent qu’elle standardise les profils et 97 % considèrent que l’entretien devient le seul moment où un candidat peut encore être réellement évalué.
Ces différences ne permettent pas d’affirmer que l’utilisation de l’IA provoque ces opinions. Le rapport présente des comparaisons entre catégories de répondants, sans établir de causalité.
Des différences selon les profils et les entreprises
Les femmes sont davantage préoccupées par la perte d’authenticité
La perte d’authenticité dans les échanges constitue la principale préoccupation de 34 % des femmes, contre 23 % des hommes.
À l’inverse, les hommes citent davantage le sentiment de traiter des candidatures similaires et standardisées : 26 %, contre 13 % des femmes.
Les services voient davantage d’utilité à l’IA intégrée aux outils de recrutement
74 % des salariés-recruteurs du secteur des services considèrent une IA intégrée aux outils de recrutement comme utile voire indispensable, contre 70 % dans le commerce et THR et 62 % dans l’industrie et le BTP.
Les entreprises de 250 à 999 salariés se distinguent
Dans les entreprises de 250 à 999 salariés, 56 % des répondants jugent l’IA utile voire indispensable, contre 71 % dans les entreprises de 20 à 249 salariés et 71 % dans celles de 1 000 salariés ou plus.
Cette catégorie est également plus critique : 44 % y considèrent l’IA peu efficace voire risquée, contre 28 % dans les entreprises de 20 à 249 salariés et 27 % dans celles de 1 000 salariés ou plus.
Ces différences doivent être interprétées comme des écarts descriptifs. Le rapport ne précise pas lesquels sont statistiquement significatifs.
Ce que l’étude permet réellement de conclure sur l’IA et le recrutement
Le Sondage OpinionWay pour Tellent ne mesure pas directement si l’intelligence artificielle améliore effectivement la qualité des recrutements, réduit les erreurs ou sélectionne de meilleurs candidats.
Il mesure la manière dont des salariés participant au recrutement perçoivent les effets et les usages possibles de cette technologie.
L’IA est surtout perçue comme un outil d’assistance au recruteur
L’étude montre une adoption favorable mais prudente de l’intelligence artificielle. 69 % la considèrent utile voire indispensable dans les outils de recrutement, mais la majorité la voit comme un outil secondaire devant laisser l’évaluation humaine au centre. Les usages jugés les plus utiles concernent en priorité la préparation du recrutement et le traitement des candidatures, alors que l’entretien demeure considéré comme déterminant pour réellement évaluer les candidats.
L’étude fait également apparaître une tension entre les usages de l’IA par les deux parties. Les candidats sont associés à des risques de standardisation, de perte d’authenticité ou de difficulté à identifier leurs compétences réelles. À l’inverse, les recruteurs voient dans l’IA un moyen potentiel de gérer le volume, gagner du temps et mieux préparer leurs décisions.
Il ne s’agit donc pas d’une opposition simple entre recrutement humain et recrutement automatisé. Les résultats décrivent plutôt un modèle hybride dans lequel l’IA prend en charge certaines tâches tandis que les recruteurs souhaitent conserver une place centrale dans l’évaluation.
Méthodologie et limites du Sondage OpinionWay pour Tellent
Le Sondage OpinionWay pour Tellent a été réalisé auprès de 557 salariés « recruteurs », définis comme des salariés encadrant au moins une personne et participant au processus de recrutement dans leur entreprise.
Les interviews ont été menées du 5 au 15 mai 2026 par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI, pour Computer Assisted Web Interview.
L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas au regard de cinq critères : le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, le secteur d’activité et la taille d’entreprise.
OpinionWay indique avoir réalisé l’enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252.
Un sondage auprès de 557 salariés participant aux recrutements
Le Sondage OpinionWay pour Tellent repose sur 557 salariés-recruteurs interrogés en ligne du 5 au 15 mai 2026. OpinionWay précise que les résultats doivent être interprétés en tenant compte de marges d’incertitude comprises entre 1,9 et 4,4 points au plus pour un échantillon de 500 répondants.
L’enquête est déclarative : elle mesure des perceptions, des préoccupations et des opinions sur l’intelligence artificielle. Elle ne permet donc pas de mesurer directement la performance objective d’un recrutement avec ou sans IA.
Les résultats concernent également une population spécifique de salariés participant au recrutement. Ils ne peuvent pas être automatiquement généralisés à l’ensemble des salariés, à l’ensemble des professionnels des ressources humaines ou à toutes les entreprises françaises.
Les principaux enseignements à retenir
| Résultat | Part des salariés-recruteurs |
|---|---|
| L’IA tend à standardiser les profils | 82 % |
| L’entretien devient le seul moment permettant d’évaluer réellement un candidat | 79 % |
| L’utilisation de l’IA par les candidats fausse le recrutement | 73 % |
| L’IA permet de gagner du temps pour l’échange humain | 73 % |
| Une IA intégrée aux outils de recrutement est utile voire indispensable | 69 % |
| L’IA renforce le rôle stratégique du recruteur | 66 % |
| L’IA pourrait prendre de meilleures décisions que les recruteurs à terme | 56 % |
| La préparation du recrutement est un domaine prioritaire d’utilisation de l’IA | 56 % |
Le principal enseignement de l’étude OpinionWay pour Tellent
Le sondage publié en juin 2026 montre que les salariés-recruteurs sont largement favorables à une IA qui les assiste, mais beaucoup moins à un recrutement entièrement déshumanisé. 69 % considèrent l’IA intégrée aux outils de recrutement comme utile voire indispensable et 73 % pensent qu’elle peut leur faire gagner du temps pour se concentrer sur l’échange humain. Parallèlement, 82 % redoutent une standardisation des profils et 79 % réaffirment l’importance de l’entretien pour réellement évaluer un candidat.
L’intelligence artificielle apparaît ainsi moins comme un substitut immédiat au recruteur que comme un outil susceptible de modifier la répartition de son travail. Les tâches de préparation et de traitement des candidatures concentrent les attentes, tandis que l’évaluation humaine conserve une place centrale dans les perceptions recueillies.
Le Sondage OpinionWay pour Tellent met finalement en évidence une transformation à deux niveaux : les candidats automatisent davantage leur présentation et les recruteurs cherchent eux-mêmes à utiliser l’IA pour absorber cette évolution. Dans ce nouvel équilibre, l’enjeu principal semble être de bénéficier des gains d’efficacité de l’automatisation sans perdre la capacité à distinguer les candidats et à apprécier leurs compétences réelles.